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Apprendre à dire non aux activités en trop, pour soi et pour ses enfants!
23 April, 2026
Dans la société actuelle, l'agenda bien rempli est souvent fortement valorisé, alors qu'être occupé est perçu comme un signe de succès, de bonne parentalité et même de vie épanouie. Et pourtant, beaucoup de familles se retrouvent à bout de souffle, à court de temps et vidées d'énergie, et ce en raison même de leur agenda trop chargé. Et si on apprenait plus souvent à dire non, pour le bien-être des parents comme des enfants?
Le piège de la suractivité
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Le piège de la suractivité
Le problème avec la suractivité, c'est qu'elle s'installe rarement d'un seul coup. Une activité ajoutée ici, un engagement pris là, une demande à laquelle on répond oui parce qu'on ne veut pas décevoir, et avant même de s'en rendre compte, les semaines ressemblent à un véritable marathon qui s'étire.
Pour les enfants, la surcharge d'activités organisées prive du temps libre non structuré, celui-là même qui favorise la créativité, l'ennui productif et le jeu spontané. Des études en développement de l'enfant indiquent par ailleurs que c'est justement dans ces moments sans agenda que les enfants développent leur imagination, leur autonomie et leur capacité à gérer les émotions (pour en apprendre davantage).
Pour les parents, la suractivité se traduit souvent par une fatigue chronique, un sentiment de courir constamment et une présence physique sans présence réelle puisque qu'on pense sans cesse à la prochaine chose à faire.
Comment évaluer ce qui vaut vraiment la peine
Avant d'accepter une nouvelle activité, pour soi ou pour un enfant, quelques questions simples peuvent aider à faire un choix :
- Est-ce que c'est moi (ou mon enfant) qui en a envie, ou est-ce que je cède à une pression extérieure?
- Est-ce que ça s'inscrit dans nos valeurs et dans ce qui compte vraiment pour notre famille?
- Est-ce qu'on a l'énergie et le temps nécessaires sans sacrifier le repos, les repas en famille ou les moments libres?
- Si on dit oui à ça, à quoi dit-on non en échange?
Cette dernière question est souvent la plus révélatrice. Chaque oui est aussi un non à quelque chose d'autre : un soir tranquille, un repas cuisiné ensemble ou tout simplement une soirée à ne rien faire.
Dire non sans culpabilité
La culpabilité est probablement le plus grand obstacle au refus. On a peur de décevoir, d'être un mauvais parent ou même de priver son enfant d'une opportunité. Mais protéger l'espace et l'énergie de sa famille représente pourtant un acte de grande sagesse!
Quelques formules utiles pour dire non avec bienveillance :
- « Ce n'est pas le bon moment pour nous en ce moment. »
- « On essaie de garder nos fins de semaine plus libres cette saison. »
- « Mon enfant a besoin de plus de temps non structuré pour l'instant. »
- « Je dois dire non pour pouvoir être vraiment présent dans ce que j'accepte. »
On n'a pas à se justifier longuement. Un non clair et bienveillant est amplement suffisant!
Modéliser l'équilibre pour ses enfants
Il y a quelque chose de profondément éducatif à voir un parent qui dit non à trop d'engagements et qui choisit avec intention ce qui entre dans son agenda plutôt que de tout accepter par défaut. Les enfants qui grandissent dans des familles qui valorisent le calme autant que l'activité apprennent qu'il est acceptable, et même nécessaire, de protéger son temps et son énergie.
Un enfant qui voit ses parents choisir la qualité sur la quantité intègre cette valeur. Un enfant à qui on permet de ne pas faire une activité parce qu'il est épuisé apprend à reconnaitre et à respecter ses propres limites.
L'ennui est sous-estimé
Résistons ensemble à l'idée que chaque heure doit être productive ou encadrée. Les meilleurs souvenirs d'enfance ne viennent souvent pas des cours de natation ou des matchs de soccer, mais plutôt des après-midis sans plan, des cabanes improvisées et des jeux inventés avec ce qu'on avait sous la main.
Dire non à l'activité en trop, c'est souvent dire oui à quelque chose de bien plus précieux : du temps!

